L' appel du large







"On compte sept milliards d'habitants à la surface de la planète et ils vivent tous quelque part. Ils peuplent des continents, des pays et des villes, que bon nombre d'entre eux ne sont pas en mesure de pointer sur un planisphère, faute de planisphère. Je représente un sept milliardième de l'humanité et je ne sais pas toujours où j'habite.   .../...   Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des sœurs jumelles. Je veux juste aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Je dois aller dans tous les pays du monde. Certains veulent faire de leur vie une œuvre d’art, je compte en faire un long voyage. Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. Le monde est ma maison. Chaque ville, une victoire.   .../...   Je ne sais toujours pas si Dieu existe mais, à vrai dire, je n'en ai rien à foutre. L'important, c'est de le chercher. Rares sont les prophètes immobiles. Moïse a franchi une mer pour recevoir ses commandements. Mahomet a donné naissance à l'oumma en migrant à Médine. Jésus a erré dans le désert. Les prophètes sont au moins d'accord sur ce point : la vérité est ailleurs. Ça m'arrange, c'est là que je vais. Mais je ne me demande pas où j'irai demain. Pour l'instant, je sais où je suis. Je suis adossé contre la croûte terrestre, écrasé par le bonheur d'être vivant, ici et maintenant."

Julien Blanc-Gras, Touriste  (éd. Au Diable Vauvert, 2011)

























TOI
Qui que tu sois !
Je te suis bien plus proche qu'étranger.


Andrée Chédid

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"Un étranger est un ami qu'on n'a pas encore rencontré."   

Proverbe irlandais

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"Tout homme est tiraillé entre deux besoins.
Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même...
Et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité...
Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre,
jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue."


Mythe mélanésien de l’Archipel de Vanuatu

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Mon coeur est grand comme un aéroport / Dans un train bleu je sommeille / Entre Lyon et Genève / Le cœur peuplé d'idées noires
Quand dans un vol d'oies sauvages / Sur les étangs s'élève / Mon cœur épris de voyages...


Jean-Louis Murat, Le train bleu

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Je t'ai vue dans une rue assise / Avec ton enfant sous ta chemise / Les épaules nues couvertes d'or
Pour plaire à ton Dieu tu danses encore / La rivière coule au pied du temple de l'aurore

Personne ne pleure ni se plaint / La nuit les rues sont chaudes les enfants jouent
Avec leur grands yeux sans paupières / Leur peau bronzée leur ventre clair
La rivière coule au pied du grand Bouddha de pierre


Royaume de Siam / Chemin qui mène au peuple heureux
Royaume de Siam / Celui qui voit le monde par tes yeux / Celui-là peut-être il peut être heureux

Je t'ai vue dans la cité étrange / Porte du ciel ville des anges / Avec l'amour la liberté
Mange la mangue et boit le thé / Ta rivière coulera sans s'arrêter


Gérard Manset, Royaume de Siam

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À l'autre bout du monde / On n'oublie rien
Si seulement la Terre était ronde / Ça n'servirait peut être à rien


William Sheller, Le Témoin magnifique III Chant du témoin

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J'ai passé tellement de temps / à faire mon intéressant / qu'un soir je me suis perdu
Voilà ce que je vais faire / aller au bout de la terre / l'océan à perte de vue


Gérald de Palmas, Au bord de l'eau

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It's a long way back, it's along way back
It's a long way back, it's along way back


Lilly Wood & The Prick, Long way back

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Même si tu le nourris, le loup regarde toujours vers le bois

proverbe gitan

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Entre le rêve et la lucidité / L'esprit vague est libre
Je vole au dessus de mes pensées sans pouvoir atterrir
Comme un pilote un soir de brume errant dans la piste inaccessible


Lonepsi, Le pays de ma chambre

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"On n'est pas d'un pays mais on est d'une ville"

Bernard Lavilliers, Saint-Etienne


 

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